La mer devant eux s'étend et derrière la voile qui les conduit au loin on peut apercevoir le canal qui se rétrécit.
Les remous que la coque brasse lentement, les embruns - invités de passage portés par le vent - nettoient de mon visage cette vision étrange, la masse en mouvement qui rend les hommes humides
jusqu'aux os, jusqu'à la peur, et qui à chaque instant peut les engloutir à jamais, à la faveur et à la ferveur de la tempête qui les poursuit.
Chaque mètre gagné sur l'orage et les déferlantes, ces vastes montagnes ne se souciant de la moindre toile tendue et la fierté force leur courage à se décupler sans cesse et les engage à
savourer ce qui reste de victoire dans ce combat inégal. Bravant la peur, cette petite mort égoiste, le film de leur vie se déroule devant leurs yeux irrités, plus vite que jamais ils ne l'auraient
imaginés. Une vision d'horreur qui les prend jusqu'au ventre à chaque sortie dans la fureur, jusqu'au moment où ils rentrent ils recréent leur histoire...