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Poésies, plaisir du verbe.

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De ces écorchés qui s'entoilent

La toile, la couture, la suture, ça suppure...
Le jus souillé, le trop-plein de renfermé : ça devrait sentir le corps.
Ces traces portent en leur sein une nature enfouie et universelle ; « la puanteur du sang humain me sourit, engendre les images »(1)
Le crin, le déclin, le corps levain, pétrifié, s'élève délibérément, s'affirme, se contracte, se rétracte : une masse chaude et molle se détache, s'immole et s'enflamme.
Le martyr, un saint mis à nu : Barthélémy ; martyr, et la musique du corps se révèle, excentrique et décharnée ; le corps, plus vrai, sans artifice se réveille de ses vils orifices, de mécanismes insolubles ; la mécanique des corps, sans mise en scène.
Le corps mis à nu et ses peurs à la vue de tous, il sort du fiel des cieux.
Excentrique, le corps se répand, décentre son expression, existe ; il est là, malade, exécuté, déchiré, rafistolé, et valse diastole, et glauque fistule, compact ou éparpillé mais il est là, sans regret, sans remords, l'air de rien, l 'envie d'un tout... si longtemps silencieux
Le ciment, de sa jonction patiente, fête la durée, la résistance, s'irrite, voué à la chute... de dépit brûle la toile. Décharnement compliqué et arbitraire ; des lambeaux, des os, la peau- un écrin fatigué - tendue, distendue, fragilisée, faillible en un « concentré de réalité, une sténographie des sensations ». (2)
La peau vouée à disparaître pour mettre en valeur le corps attaché à une lointaine existence. Harnaché c'est le mot, poitrail c'est le mot ; entrailles c'est le mot...

                                                                  ... tripes et boyaux : le corps Archéo !

Fouillez un peu, vous y trouverez peut-être un état dans lequel vous vous êtes déjà projeté. Lançons-nous dans ce que l'on a de plus viscéral, on y trouvera peut-être le son de son propre corps. Une permanence, une vacance, une suspension dans l'air, une interrogation sur la clarté intérieure, sur la musique, sur les freins, et le jus qui sort de ces corps n'a pas encore souillé, recelant envie et énergie... ça devait sentir le corps, attendre la cuisson ; l'air et le feu de l'air. Que ça reste humide, que ça nourrisse, ça devait sentir le corps...


1cf : ESCHYLE
2cf : F.BACON
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