Dans la respiration, il est un point culminant, un moment où le corps décide de lui-même d'une absence ou de continuer l'opération. Il existe un stade entre le « respirer » et
l' « expirer » comme minuit n'est pas plus situé entre moins l'infini et plus l'infini. Ce point semble être la résolution parfaite de l'énigme du corps : cet état de suspension qui fait rêver que
lorsque l'on jette une pierre en l'air, bien droit, on constate qu'entre le moment où elle monte et celui où elle descend, elle s'arrête, tout simplement ; à cet instant précis, elle ne pèse plus
rien. Je crois que l'on peut retrouver cette force d'une légèreté révélée où l'on pourrait presque s'absorber soi-même, observer le vertige avant de périr dans l'accomplissement d'un geste ultime
et purement fictif.
La peinture est une expiration.