Tout n'était que désolation, la surface de toute chose n'apparaissait que partiellement tant la résine rougeâtre pénétrait dans les sillons des masses mouvantes.
Des gémissements, des demi-sons, des demi-d'eux, des palpitations tentaient une vaine ascension de leur moule. On aurait dit que toute matière végétale était à son commencement, que la dernière
graine avait été semée, et que la dernière génération était putréfiée dès la naissance.
L'anhydrobiose attend la pluie, mais pas de reviviscence avec des pluies acides. Les Dieux ont ensemencé la mort, et, en apparence, le monde boursouflé déployait la souffrance de sa
résurrection.
Tout était à son maximum. Des oufs gorgés de liquides visqueux cernaient l'amas sorti du néant et l'autogénèse s'accomplissait dans le plus primaire déchirement. L'obscurité se séparait peu à peu
des massifs résiduels, laissant pénétrer quelques chaleurs favorables à l'éclosion des monstres.
Les oufs secs à présent en surface présentaient leur commotion aux étoiles, une couche sombre, brunâtre et turgescente.
Les gelées visqueuses se sont transformées en réseaux de disques de faible épaisseur, mais résistants comme une peau sans élasticité, mais dont chaque molécule trouve sa place dans le mouvement. Un
grouillement de formes plus indistinctes les unes que les autres devient otage de la promiscuité.
Au dernier avril, de ces plantes ne pousseront plus que de la chaleur, l'obscurité assourdissante et, dans un grincement crépusculaire, une porte botanique rongée par l'acide s'ouvrira sur une
renaissance tentaculaire. Acculée devant un matin orageux, une pluie de soufre nauséabond arrosera la matière de gras et de consumé, et endormira le sol comme si rien de laid n'avait jamais
existé.
Les enfants joueront au football sur des cadavres et dans un envol majestueux sauteront des toits de leur mémoire.