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Poésies, plaisir du verbe.

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Journal D'Ailleurs - Chapitre IX

Dernière alerte.
Je déjeunais comme tous les mardi chez une amie de ma mère. Elle tenait une pizzéria dans mon quartier. Ma mère et elle avaient étudiées l'Art ensemble quelques années. Pendant leurs études elles bossaient chez l'italien. Un jour elle épousa l'italien, un autre l'italien mourut. Elle garda la boutique et continua a préparer des pizzas.
Depuis la mort de ma mère, elle me chouchoutait, et elle ne m'aurait jamais permis de payer pour un bout de pain et du fromage comme elle disait.

Je l'aimais bien, elle était joyeuse et sentait le pain chaud. Quand elle s'approchait de moi, son odeur me ramenait aux petits déjeuners au lit que ma mère me préparait le dimanche matin. Café au lait et pain grillé. Oui c'est ça, le pain grillé qu'elle sentait.

Elle s'appelait Véronica.

C'est à ce moment je crois, quand je l'ai vue m'apporter la pizza que mon bras s'est mis à me lancer violemment.

Avant de partir avec le Samu, Véronica mit la pizza dans une boîte et me fit un sourire avant de se retourner pour que je ne la vois pas pleurer... Mais je la connaissais bien.

"-Ne vous inquiétez pas, il réagit bien ! Dit un gars du Samu. Merci pour la pizza, on vous appellera si vous voulez. Promis.

J'allais pas bien du tout ! Mais pourquoi l'inquiéter inutilement.

Sur la route : les tuyaux, les machines, les lumières...

- Il garde le contact, je le vois ! Dit une jeune médecin en me chevauchant.

Je crois qu'elle me masse le cœur. Je la regarde droit dans les yeux, je tiens bon, le fil d'Ariane est ténu mais solide, de ses yeux aux miens, le lien est fait, elle est magnifique.

- Allez chéri suis en pleine forme, je te masserai jusqu'à l'année prochaine s'il le faut !

 

Dehors une sirène hurle à l'agonie se noyant dans la nuit assassine.

 

 

A l'hosto, je reprends conscience, ma chambre donne sur le bureau d'accueil. J'observe l'activité de la fourmilière. Le personnel mange une pizza bien méritée.

- Ahhh cool, vous avez ramenés le déjeuner. Oh cette pizza est mal en point, vite un cathéter gémit une interne. Le reste du personnel de se marrer. L'un d'eux leur fait signe de la main dans ma direction.

- C'est Monsieur qui régale, d'ailleurs il est réveillé. Ils débarquent à plusieurs dans ma chambre le sourire aux lèvres et de la tomate autour de la bouge, de vrais gosses.

- On peut faire quelque chose pour vous remercier ? me dit la jeune médecin qui me massait dans le Samu.

- Oh une petite pipe, dis-je en rigolant.

Le personnel éclate de rire et la blondinette de se retourner toute rougissante.

- Je parlais de quelque chose de médical dit la médecin l'air faussement offusquée. Apaiser vos souffrances vous voyez ?

- Ouais chérie je vois, dis-je comme un écho, s'il vous reste une main de libre ouvrez le robinet à fond parce que je dérouille.

- Ça on peut pas jeune homme, vous êtes déjà au max, répondit une interne.

- Bon bah va pour la pipe alors. Nouvel éclat de rire général. J'ai déjà eu la chevauchée fantastique.

La jeune médecin s'approcha et me déposa un baiser sur le front laissant son large décolleté et sa poitrine imposante en plein milieu du visage. Je suis aux anges...
BIP BIP BIP

- Vite un charriot de réa ! Grouillez-vous bordel !'

 

 

'- Vous avez fait fort, dis-je à la blondinette.

- Que voulez-vous dire ?

- Dans la même journée, vous m'avez tué une fois et sauvé deux fois.

- Ratio positif répondit Assiane.

 

C'est comme cela qu'elle s'appelait. Assiane. Assiane.

Sa blondeur venait de la Kabylie tout autant que ses yeux. Son sourire amenait l'été en hiver, et le soleil dans sa grande bonté avait laissé sur elle un cadeau éternel. Elle sentait l'après-midi au bord des dunes, quand la chaleur s'estompe en fin de journée, l'odeur du miel.

 

- Ratio positif, répondis-je machinalement. Vous faites quoi ce soir ?

- Vous n'êtes certainement pas en état de sortir vous savez ?

- J'ai bien peur que si je reste ici plus longtemps, je ne vous reverrai pas.

 

Elle écrivit son 06 sur ma main, fit un tour complet sur elle-même et me jeta un regard espiègle par dessus son épaule en sortant.

 

Je m'endormis péniblement.

 

Je fonce, je titube,
Afin de vomir la passion,
Je m'enfonce, on m'intube,
Prise entre deux sillons,
Chantant à des mots d'amours
Des requiem des aigreurs ;
Seules les saisons courent,
Seules par-dessus les cœurs,
Vomissent sur leur bonheur,
Un sol appauvri mineur,
Une partition fatale.

Oh, ne m'ôtez pas ce mal !
Par une corde pincée
De ballade banale,
Il fait bon mourir d'aimer.

Je vais, déchaîné, heureux
Sur des notes interdites,
Et vers les cieux délicieux,
Qui sous l'amour s'abritent.

Un rêve fut mort un instant,
Quand le disque s'arrêta,
Quand mon cœur redémarrant
Fit sortir Bizet de moi.

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