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Poésies, plaisir du verbe.

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Journal d'Ailleurs - Chapitre I

Chaque jour, je publierai un morceau du roman puis chaque semaine, je mettrai en article un nouvel extrait.
Wilbird
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C'est souvent les vieilles " Blouses Immaculées " qui me nettoient.
Je leur mets quelques coups et elles râlent. Je ne les aime pas et leur savon pue la mort.
A chaque coup tordu, chaque tâche de sang, il leur faut 30 secondes pour disparaitre et changer de blouse. Alors, quelques temps après, elles s’en reviennent avec une nouvelle blouse toute propre, immaculée.
Si elles pouvaient, elles me laveraient sous la peau celles-la !

La dernière fois je me suis cogné la tête contre le mur. Je ne l'avais pas fait exprès, c'est seulement que j'étais trop faible pour marcher, je me suis cassé la gueule et l'une d'elle a du tester son point de croix sur mon arcade. Ces vielles rombières sont à elles deux pire que la mort. Elles la fabriquent. Elles se préparent un bon pot-au-feu. La nuit je les imagines en train d’attendre la venue de leur gourou poilu. Il tient le sceptre d’Ottokar pendant qu’elles mettent le feu à une marmite géante, prêtes à bouffer du malade. Une attitude tribale venue du fin fond de leur instinct primaire, elles me boufferaient le cœur afin de s’approprier mon âme, ma force, mes joies.
Alors lorsque l’une d’elles s’est approchée :
- ça fait bien dix ans que je n'ai pas recousu quelqu'un. m'a-t-elle lancé en se marrant ! Mais c'est comme le vélo ces choses-là, ça revient en le faisant, on va voir si j'ai perdu la main...
En la voyant arriver avec son aiguille crochue, l'image de la chasseuse guerrière approchant de sa proie avec sa lance bien aiguisée s'est imposée à moi.
Ça, elle s'est pas foutue de moi ; sacrée tricoteuse, la garce !

Depuis, je me méfie d'elles comme de la peste. Elles m'ont mis sous perf', voyant bien que je ne voudrais pas leur simplifier la tache, question d'orgueil, et il m'en restait encore un peu. Alors j'ai changé l'aiguillage, je suis allé voir le pauvre type dans le lit voisin et je lui ai mis la perfusion. puisque depuis ce matin, il n'arrêtais pas de gueuler, maintenant il gueule plus du tout.

J'ai profité d'un moment de répit pour aller me balader dans l'hôpital avant que la gente pachydermique ne revienne.
J'arpente ce couloir glacé. Ce couloir. Le couloir de ma mort. J'y avais pas songé avant.
Déjà condamné.
Les premiers mois, quand je me réveillais, ce corridor me revenait par fragments, de manière épileptique. Hôpital ultramoderne en haut. Hôpital ultra militaire au sous-sol.


Le blanc règne en roi sur le sang, un combat sans fin. La couleur se tétanise et finit par sécher sur les draps rêches de leurs lits en ferraille. Ces lits me font gerber. les barreaux d'ici ne sont pas si éloignés de ceux que l'on trouve encore dans nos prisons. Ils disent que c'est pour éviter que l'on tombe, mais ils ne veulent pas voir que tout ce qui est ici n'a d'humain que ce qu'il transporte jusqu'à la morgue. Le cycle infernal du support. D'abord à bascule, puis à roulettes, enfin alité. Ça commence et ça finit toujours de la même façon.

Et toute cette blancheur, ça cache les glaires et le sang dans la farine chez ces gens là.
Tout a été prévu pour que l'on perde son identité, jusqu'à ce qu'ils décident de quand et comment ils vont faire leur petite cuisine. Parfois, quand il reste un peu de prévenance à notre égard on se dit que l'on touche le fond, on vous balance un peu de pitié, par a-coups comme on jetterait de la pâtée à un chien, histoire de plonger les types comme moi un peu plus vite sous terre.
La maladie, c'est à elles, les " BI ", qu'elle fait le plus peur finalement. Je crois quand même qu'elles feignent la gentillesse pour masquer toute la haine qu'elles peuvent porter à leurs malades. Je dis pas ça parce que je suis un " Volontaire ", mais pour elles, être malade c'est d'abord être coupable de quelque chose. Pour moi, les " BI " sont partagées entre le désir de remplir leurs lits ou leurs marmites, et la peur de perdre leurs patients un peu trop tôt. Tout est toujours une question de rendement.

 


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L
Bonjour,<br /> donc toi aussi tu publies en feuilleton/extraits, je vais lire ça ce soir, pour l'instant j'ai pas le temps...<br /> À très bientôt
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W
;-) @+