Il y avait des bouts de peau, des océans un peu partout. C'est à croire qu'il n'y avait que ça : la chair et les eaux. La mer, comme la peau n'est jamais calme, elle est
toujours potentiellement en désir de mort ; la peau, tout aussi instable peut cependant se tendre presque indéfiniment sans craquer.
Comme si toute une vie était une peau, j'en bois la lie en lambeaux, serrant les dents, me gorgeant la bouche du pelage froid et collant, une incursion de mon propre corps dans mon existence, comme
si pour la première fois je le surprenais en flagrant délit de vie, avec tout ce qu'il peut avoir de désaccordé et de distant.
On ne joue pas la même musique que celle que l'on entend en soi, celle que l'on joue est belle et bien muette..., le corps c'est la même chose, il dit oui, il pense non, même s'il feint d'y
tendre.
Les eaux, soeurs de la chair, l'amertume d'un vin, d'un bleu écorché. Bleu...bleus sont mes écorchés...océans sacrifiés, cimentés, élite décidée, des litres décimés !