Et même l'ombre est hachurée, meurtrie. Des pas lourds et rythmés, tranchent le sol sec et docile ; un martèlement de lumières syncopées, éruptives, délibèrent sur le sort
qu'elles réservent à cet amas de folie. Elles se jettent amoureusement sur les murs d'enceinte de la ville fourbue par portions de particules infirmes. Tantôt un bras, tantôt l'autre, parfois le
corps tout entier résiste et, l'ombre insiste, signe et cède. Le corps observe l'autonomie de l'ombre qui prend corps. Le corps en chantier délivre, entasse, s'élève et suppure, pourtant chaque
geste est pensé et l'habitude prend forme pour défier la mort, occire la peur où le corps est potentiellement agissant mais déjà vaincu. Et comme si rien de nouveau ne souhaitait se dessiner sur ce
terrain vaguement proportionné, la chair se tord, muscles jaillissants de jus souillé d'un vil dessein de naître de l'os saillant.
La réalité va-t-elle prendre pour modèle cette obscure rature ? Elle finira par y tendre et à ressembler à sa propre image barbare...
Qu'importe, le temps ne se nourrit plus du réel négligeant sa mémoire. La réalité obsédante, hachoir à chair, ne se contrôlant plus ne peut saisir au passage qu'un espoir candide et défaillant, une
image fugitive, rien d'assez évolutif et comme toujours, rien de plus qu'une transition...