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A la une, à la deux... cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours... vingt fois tant que tu peux petit pois, dans ma cervelle de bois, tu ne m'auras pas !
Vingt cinq berges, autant de flèches chaque année que j'arracherai, pensant à toi, mon ainé d'autrefois, mon père en toute fois... dors bien ... à toi Arthaud.
A la deux, à la trois... cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours, cours... vingt cinq fois je serai là, des flèches plein les bras. Vint cinq flèches et croix de bois, si je meurs tu ne m'auras pas sans t'avoir toi ! À toi Cioran.
A l'aube on chie sec, au crépuscule on chie gras ; lire où s'exciter mais ne rien faire c'est ne pas oser, tomber les bras. Mais qui sait, étais-tu mal armé contre ça... à toi Calaferte.
A la trois, allez, à la trois, traitre de toi ! Vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite... trente fois tout contre toi.
A la lune et à Dieu, à la joie... toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi, toi... quarante neuf fois toi petit pois, ne te trompes pas, nettoies, sers toi, prends jusques au foie – regarde moi – mon coeur, mon malheur, je sais à l'intérieur mon coeur, plus gros que toi tumeur, tumeur, tumeur, tumeur, tumeur, tumeur, tumeur... sept fois en spirale et tu n'auras que ça. Qui sait qui... qui sait quoi ! De qui ça et qu'est-ce que quoi ! Réquichot à toi.
La fin, fin pourtant une seule fois, ce n'est écrit que pour toi. Tu sais, avant la mort ce n'est qu'une petite brise comme autrefois sur la digue où on se promenait, qui sonne sentence aux marins engagés trop de fois, vapeurs d'essence jusqu'aux os trempés, imprégnés, avant d'y mettre le feu. Mais parfois ça décolle, ça survole, ça s'affole, aux moments où il ne pleut pas. Mais pas cette fois.
J'aimerai toujours ces bruines du matin en pensant à toi.
Apprendre les sons que la chair sur la chair disperse...
J'écoute les comètes ; il est des sons qui s'affaissent. Un rien de volubile.
Une saison s'enfonce en l'autre, encore tiède.
L'effrontée me fait savoir que je ne suis pas un homme, et les autres de faire écho à ma souffrance... Je suis la possibilité d'un homme... vais-je éclore ?
Qui peut se voir distinctement, sans apparat ?
Je roule mon épiderme entre deux doigts et m'abstiens de tout commentaire. Qu'importe ce que je suis, c'est peut-être ce que je ne suis pas l'important.
Alors que toute ressemblance avec un personnage existant ou ayant existé serait totalement fortuite, il n'en reste pas moins qu'une trace de moi en tant qu'être humain tente tout de même d'exister avec persistance, sinon que serais-je ? Une simple part de l'univers déplié ou replié sur lui-même, qui sait ... une simple monnaie d'échange, un simple concept, une monade...
Je replie cette pensée sur elle-même afin de la rendre plus commode... je suis, je suis... top :
Je suis un concept largement peu utilisé dans notre société, plus communément utilisé dans le grand Est, ça dépend où on se situe, où on vous a rangé. Je suis une part du monde, un exercice de style du grand tout, d'un grand manitou. Un regard dans le métro, une feuille caressée par le vent, un semblant de vivant, une trainée de poudre, un silex, tranchant, coupant, rasant, tuant, excitant, agaçant, agacé, tué, rasé, coupé tranché... écorché.
Je suis, je suis, je suis...
Je suis le chemin qui me conduit à m'entreprendre, à m'apprendre, à m'entrouvrir.
Je suis.
Je suis l'incontournable étranger à mon propre corps...
Ce matin j'ai vu la pluie tomber sur mon visage, elle noyait mes yeux rougis, et le monde semblait avoir perdu toute consistance, déformé, divisé, et le monde de pleurer à la surface de tout ceux qui veulent le voir heureux... et le monde de crier sourd... et le monde de noyer son chagrin dans les yeux neufs des gosses... et les gosses de reconstruire chaque jour un regard que nous n'aurions jamais imaginé.
Assis, je lisais dans le bus qui me ramenait chez moi.Une vieille dame braillait à mon oreille, en s'adressant à sa voisine, le cul de biais et la mine pâle. L'odeur de sa bouche parvint jusqu'à
moi et me provoqua un haut le coeur.
je ne pus m'empêcher de penser qu'un jour, moi aussi, j'aurai peut -être à constater la déchéance de mon propre corps. Moi aussi un jour je puerai la mort... Une haleine chargée de tout ce qui a pu être ingéré dans une vie. Les aliments, mais aussi les malaises, une haleine porteuse de tous nos méfaits que votre vieil intestin vous recrache à la gueule.
Si on doit tous mourir, je voudrais que mon corps me fasse un signe. Je ne voudrai pas crever en traitre, dans mon sommeil, mine de rien...
Je quitte mon siège, m'excuse de les avoir dérangées et descent.
L'été indien rend la bouche automnale. L'être humain n'a de commun avec les saisons que d'avoir un rythme quaternaire : A l'aube on sourit, on s'emballe et joute, à midi on profite des belles choses, au soir on discute au coin du feu, on s'embrase, et au crépuscule on pleure une perte...
Le reste du temps on baise ou on se fait baiser, l'hiver pour se réchauffer, l'été parce qu'il n'y a rien à faire d'autre.
Pour crever le temps à l'hosto j'ai les livres. Calaferte disait qu'il faut lire tout ce qui nous passe sous la main,les yeux, le coeur, et les nerfs au risque d'être déçu...
Lire ou baiser ! mais ne rien faire c'est ne pas oser se regarder en face...